Alexandra, 32 ans. Française à Barcelone. Solo traveler depuis 14 ans.
Alexandra voyage seule depuis ses 18 ans. Pas de moment traumatique, pas de frayeur. Son inconfort à elle est plus discret, plus quotidien et selon elle beaucoup plus universel que ce qu’on raconte d’habitude sur le voyage solo.
Pourquoi elle voyage seule
Elle a grandi dans une famille multiculturelle. Mère italienne, père croate, famille aux Pays-Bas. On mélangeait les langues à Noël, on voyageait tout le temps. Sa mère voyage encore aujourd’hui, 90% du temps seule.
“J’avais ce goût prononcé pour les langues. L’envie était là depuis toujours”
Mais le vrai déclencheur, c’est son père qui ne voulait pas qu’elle parte. Elle voulait absolument faire un échange linguistique aux États-Unis. Il refusait. Et puis une correspondante américaine qu’elle avait depuis ses 16 ans est partie faire un semestre à Athènes.
« Je suis partie la rejoindre seule. J’avais même pas encore 18 ans. Mon père a vu que ça servait à rien d’insister. C’était le turning point. »
Après ce premier voyage, elle n’avait qu’une envie : repartir. Madrid à 20 ans, complètement dans l’inconnu, sans connaître personne.
« Là oui, là ça a été l’envol! »
Le truc dont elle parle rarement
Pas de mauvaise rencontre. Pas de frayeur. Mais quelque chose qui revient à chaque voyage et qu’elle n’évoque presque jamais.
“Quand je voyage seule, je me mets une pression énorme. C’est paradoxal. Je pars seule pour être libre, aller à mon rythme et en même temps je deviens trop intense avec moi-même.”
Elle veut tout voir, tout goûter, tout faire. Choisir entre deux choses devient un débat intempestif dans sa tête.
“Je me retrouvais à me dire ‘c’est trop cool ce que je fais là mais faut que je rentre plus tôt pour aller ailleurs’ et au final je profitais de rien vraiment.”
À Milan récemment, elle a décidé de lâcher prise.
“J’ai kiffé de fou. J’ai eu le temps de faire tout ce que je voulais, même au-delà parce que j’étais vraiment détendue.”
Mais ça reste quelque chose qu’elle doit travailler à chaque fois.
Ce qui se passait dans sa tête
“Quand tu voyages seule, t’es toujours sur le qui-vive. Tu gères tout : tes affaires, ton argent, tes correspondances, où tu mets les pieds. Si il y a une galère, t’es seule.”
C’est cette charge mentale permanente qui épuise. Pas un moment précis, une tension de fond.
“On veut tout voir, tout faire mais c’est pas possible. C’est comme dans la vie de tous les jours et quand on voyage solo, encore plus.”
Ce que ça a changé en elle
“Le voyage solo m’a mise complètement à nu face à moi-même. Tu découvres des facettes de toi que t’aurais jamais vues dans ta routine.”
Elle a gagné en maturité, en connaissance d’elle-même. Mais aussi une surprise :
“Je pensais être quelqu’un de chill. En fait je suis sept personnes.”
Et elle a changé avec les années. Plus jeune, elle était hyper sociable, voulait rencontrer des gens partout. Aujourd’hui elle a besoin de beaucoup plus de solitude.
“Le voyage m’a appris à contrôler mes émotions, mes peurs, et à accepter qu’on ne peut pas tout faire.”
Son conseil
« Si tu hésites, c’est qu’il y a quand même une envie. Faut se lancer. Tant qu’on l’a pas fait, on peut pas savoir si on aime ça ou pas.
Et si la première expérience est moyenne ? Elle dit : retente quand même.
Un voyage ça dépend des rencontres, du temps, de la logistique. C’est les aléas de la vie. Faut faire au moins une fois.
Son conseil concret : commencer petit. Pas besoin de partir à l’autre bout du monde au premier voyage.
Tu es à Paris ? Fais un week-end en Bretagne seule. Vois déjà si tu kiffes, comment tu t’organises. Étape par étape.
Elle ajoute : s’inspirer de celles qui l’ont déjà fait. Et utiliser TikTok.
Je l’ai téléchargé pour le Vietnam. Pour les itinéraires, les bus, les trains. Ça faisait office de Guide Michelin. Et ça rassure vachement.
Une dernière chose qu’elle observe sur la route :
Au Vietnam j’ai rencontré beaucoup plus de meufs seules que de mecs seuls. Les mecs sont toujours à deux, trois, en groupe. J’ai l’impression que c’est un truc très féminin. Et c’est tellement démocratisé maintenant. »
« Faut se lancer. Dans la vie, toute première expérience fait peur. Mais vaut mieux vivre avec un souvenir qu’avec un regret. »
Tu voyages solo et t’as une histoire à partager ? Clique sur le bouton ci-dessous.
NinaRevo construit la première plateforme communautaire pour les voyageuses solo.

